Lettre d’information n°97

Mars 2026

Édito

Le mois de mars s’annonce particulièrement riche au Musée du Textile. En effet, l’exposition Small Couture 9 investit nos espaces et vient faire dialoguer création contemporaine et patrimoine textile.
Dans le même esprit, les Amis du Musée vous proposent une conférence consacrée à la couture domestique, dans la salle de conférence du Musée d'Art et d'Histoire, ces gestes du quotidien qui ont façonné tant de souvenirs et de savoir-faire. Entre mémoire industrielle et créativité vivante, mars tisse ainsi des liens précieux entre hier et aujourd’hui.
Au plaisir de vous retrouver nombreux lors de ces rendez-vous.

Par ailleurs, il y a 60 ans, les Établissements Richard fermaient. Les amis du Musée s'en souviennent dans cette Navette.
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dans la salle de conférence du Musée d'Art et d'Histoire

Il y a 60 ans,

la fermeture des établissements Richard marquait

la fin d’une époque.

Le 31 mars 1966, les usines Richard Frères qui emploient alors 250 salariés, ferment définitivement provoquant un tsunami d’émotions dans le Choletais.
En effet, c’est le point final d’une épopée industrielle qui a commencé 160 ans plus tôt, lorsque Jean Richard, marchand tixier (tisserand), et son fils Louis-Toussaint fondent une société de commerce et d’affaires. C’est l’heure de la renaissance du textile après le cataclysme des guerres de Vendée qui ont ravagé Cholet.
En 1808, Louis-Toussaint, qui a succédé à son père, acquiert une blanchisserie et un grand terrain rue du Devau où il élève, à côté de la fabrique, une vaste filature, des magasins, des bureaux et… sa maison d’habitation.
Les quarante métiers activés par un manège de huit chevaux, tournent à plein régime. La vapeur arrive avec la révolution industrielle et démultiplie les capacités de production. Dès lors, les successeurs de Louis-Toussaint (Gustave, Camille et Ernest, puis Ernest et son fils Anatole, et enfin les deux frères Étienne et François) n’auront de cesse de développer l’entreprise, de la moderniser et de l’agrandir (en bâtissant, en 1955, une usine ultra moderne, rue de la Vendée) et cela malgré les crises multiples et incendies qui jalonnent les XIXe et XXe siècles.
Les nuages s’accumulent au début des années 1960. Si le tissage tourne bien et travaille en trois huit, il faudrait pouvoir encore l’agrandir et le moderniser pour faire face à une concurrence dopée par l’émergence de grands groupes et l’apparition de nouveaux produits synthétiques. S’ajoute à cela la perte de marchés dans les anciennes colonies puis en Algérie devenue indépendante. L’armée a aussi drastiquement réduit ses commandes quand le service militaire est passé de trois à un an.
À partir de 1961, Richard Frères s’associe avec deux entreprises de taille comparable : Ducarin dans le Nord et Ménibus en Normandie pour créer la société DMR, susceptible d’être plus forte pour affronter les temps nouveaux. Mais les économies d’échelle escomptées ne sont pas suffisantes et il faut fermer le site de production le moins rentable, ce sera Cholet.
Ainsi, celui qui était considéré comme le fleuron de l’industrie textile choletaise tombe à son tour, après Pellaumail, Bouet, la SET, Ferchaud, SCOVEL (Allereau), la SCTC… La page du tissage sera définitivement tournée à Cholet avec le départ de Turpault, en 2003.

SMALL COUTURE 9

Couleurs d'enfance 2 : "De bas en hauts"

Comme vous le savez, l’acquisition d’une très importante collection de mode enfantine en 2024, plus de 800 pièces, est à l’origine de l'exposition Couleurs d'enfance, actuellement présentée au Musée d'Art.
Dans le cadre de cette exposition, le Musée du Textile et de la Mode propose de découvrir les accessoires de cette collection : chaussures, chapeaux ou encore tuyaux de modestie ou queue d'écrevisse…
Elle offre une magnifique chronologie de l’évolution de la tenue des enfants du XIXe siècle à nos jours.
Ouverture de l'exposition Couleurs d'enfance 2
le samedi 14 mars 2026.
Focus sur l'exposition ce même jour à 15h au Musée du textile et de la Mode.

Les précédentes expositions temporaires

(Small couture)

Nous poursuivons ici notre voyage dans les précédentes expositions Small Couture. Voici trois expositions marquantes, qui ont, elles aussi mis en lumière avec délicatesse et créativité l’histoire, le savoir-faire et la dimension patrimoniale de l’habillement des plus jeunes.

Focus sur ...

Vêtements ecclésiastiques et publicités

Encart publicitaire dans l'Anjou Historique, 1er janvier 1924
Pour ce nouveau focus, quittons un instant les terrains de sport et les élégantes silhouettes des Années Folles pour explorer un aspect plus méconnu – mais tout aussi révélateur – de l’histoire du textile et de la consommation.
L'article publié sur Gallica nous invite à plonger dans un univers rarement étudié : celui du vêtement ecclésiastique envisagé non pas sous l'angle liturgique, mais comme un véritable marché, structuré par des logiques commerciales modernes.
Les vêtements ecclésiastiques : un secteur de marché parmi d’autres
Durant la première moitié du XXème siècle, l’Eglise catholique jouit d’une influence toujours forte sur la population : la pratique religieuse reste élevée, les sacrements (baptêmes, mariages) sont pratiqués par plus de 90 % des français et les ordinations de prêtres sont encore à un haut niveau. L’habillement des ecclésiastiques constitue un marché lucratif comme un autre !
Soutanes, douillettes, rabats : une variété des points de vente
On le constate en feuilletant la presse écrite de la fin du XIXème siècle et du début du XXème siècle. La taille et le statut commercial de ces établissements sont très hétérogènes : des affaires commerciales classiques détenues par un ou plusieurs particuliers côtoient des coopératives sous le patronage d’un évêque ou de communautés religieuses puisant dans la fabrication d’habits ecclésiastiques une partie de leurs revenus.
Ces établissements sont répartis sur tout le territoire. Les encarts publicitaires des journaux vantent des « maisons de vente » généralement au moins implantées dans des villes sous-préfectures.
Certains de ces commerces sont dédiés uniquement aux vêtements ecclésiastiques [...]. D’autres sont de simples maisons de confection et les habits ecclésiastiques y sont vendus comme tous autres types de vêtements. Une grande partie des boutiques qui font commerce des vêtements pour prêtres sont spécialisées dans les articles religieux et proposent à la vente aussi bien des soutanes que des ornements d’église. C'est le cas de la Maison Pierre Pouplard à Angers.
Bulletin religieux de l'archidiocèse de Rouen, 29 décembre 1928
Des « semaines religieuses » aux revues d’apiculture : de la réclame dans des supports écrits très divers
Beaucoup de ces petites annonces se trouvent dans des publications périodiques catholiques comme les semaines religieuses des différents diocèses et les bulletins locaux de patronage de la jeunesse.
On les rencontre aussi dans des quotidiens généralistes nationaux et régionaux non confessionnels, parfois également dans des revues spécialisées sans lien apparent avec la religion. Une petite annonce publicitaire pour des vêtements ecclésiastiques se donne ainsi à voir dans une revue d’apiculture : L’Union apicole !
Des encarts publicitaires sont parallèlement insérés dans des ouvrages touristico-pratiques spécialement destinés aux ecclésiastiques et aux familles catholiques comme le Guide illustré du clergé et des familles dans Paris et ses environs, publié en 1867.
Un discours publicitaire musclé : pas de miséricorde pour la concurrence
A parcourir les annonces commerciales, le lecteur d’aujourd’hui est frappé par l’agressivité du discours publicitaire, volontiers assertif et concurrentiel. Dès le milieu du XIXème siècle, tout un arsenal d’arguments est mis en avant dans ces publicités pour habits ecclésiastiques : excellence de la qualité et de la coupe, possibilité d’envoi de catalogues gratuits francs de port, prix imbattables, promesses d’alignement sur les prix de la concurrence, facilités de paiement, ancienneté et prestige de l’établissement, gamme de modèles étendue, retour gratuit des produits ne convenant pas...
En cliquant ici, vous en apprendrez encore bien davantage !

La collection du Musée du Textile et de la Mode

Chapeau cloche d'enfant - Années 1920
Description
Ce chapeau cloche de fillette est orné d'un ruban bleu en satin, assorti à la bordure bleue. Il porte encore son étiquette de vente en carton.
Cette pièce est issue de la collection réunie par Marie Vaudoyer.

Inscriptions / marques
Ce chapeau comporte encore son étiquette de vente manuscrite sur laquelle on peut lire des chiffres et le prix. "624 / 44 72 / 3F, 95 / 49"
Création/Exécution
1927 : Vers (Années folles)
Cf. catalogue de vente : La belle jardinière, 1927
Matière et technique
Paille tressée et ruban de satin.
Mesures
Diamètre en cm : 20
Hauteur en cm : 17
N° d'inventaire : 2005.002.85 (M D T M) / Droits photographiques : Musées de Cholet
Ce chapeau est à retrouver ici

Une exposition à découvrir à Paris

À travers un parcours sensible et raffiné, l’exposition «Tisser, broder, sublimer » met en lumière la richesse des savoir-faire textiles : du tissage aux délicates broderies, le fil devient matière de création, révélant gestes d’excellence, patience artisanale et inventivité artistique.
Une occasion unique d’admirer textiles et ornements comme de véritables œuvres d’art, et de célébrer un patrimoine vivant qui continue d’inspirer la création contemporaine.
Une visite incontournable pour tous les passionnés de textile et de savoir-faire.
Exposition «Tisser, broder, sublimer »
Palais Galliera (Paris XVIe)

L'œuvre au mouchoir...

Un gentleman bien mis, un chapeau irréprochable, un manteau à la coupe parfaite… On pourrait croire qu’il sort tout droit de l’atelier !
Mais chez cet artiste, les apparences sont toujours à prendre avec précaution: un détail inattendu vient troubler cette élégante silhouette.
Petit clin d’œil : le créateur de cette oeuvre était lui-même fils de tailleur et de modiste.
Saurez-vous retrouver son nom… et celui de l’œuvre originale ?

Réponse dans la Navette d'avril.
Image de la Navette de février:
Il s’agissait bien sûr de ce fragment de la célèbre fresque de la Chapelle Sixtine intitulé « La Création d’Adam ». Commandé par le pape Jules II, le plafond de la Chapelle Sixtine est la plus grande réalisation peinte de Michel-Ange. Il y déploie toute son énergie et son génie créateur, inventant pour ce décor des motifs qui marqueront plusieurs générations de peintres successifs. Sommet de l’art de la Renaissance, ces fresques assurent la gloire de Michel-Ange alors même qu’il ne se considérait lui-même pas comme un peintre. On dit de lui qu’il finit sa vie voûté avec la nuque déformée après le temps colossal qu’il passa à la réalisation de cette fresque (1508-1512).
A G E N D A
Découvrez
le programme des musées de Cholet
de mars à août 2026.
Vous pouvez le télécharger
en cliquant ici
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Visites guidées du Musée du Textile et de la Mode
par nos guides bénévoles
les 2ème et 4ème dimanches
de chaque mois à 15h.
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En mars :
les dimanches 8 et 22.

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Deux autres dates à retenir :

A.G. de l'association le samedi 25 avril à 14H.
Voyage annuel de l'association le mardi 12 mai

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